(1859-1923)
Natif de Lausanne, Théophile Alexandre Steinlen (franco-suisse, né le 20 novembre 1859 – décédé le 14 décembre 1923 à Paris) commence sa carrière artistique en tant que concepteur de tissus imprimés. En 1881, il déménage à Paris, s’installe à Montmartre et commence à fréquenter le cabaret littéraire Le Chat Noir, fondé par Louis Rodolphe Salis. Il y fait beaucoup de rencontres et se lie d’amitié avec des écrivains comme Paul Verlaine et des artistes tels que Jean-Louis Forain, Henri de Toulouse-Lautrec, Louis Anquetin, Henry Somm, Adolphe Willette, Félix Vallotton et Caran d’Ache, entre autres. Les artistes du Chat Noir contribuent à faire du lieu un club privé d’esthètes. Steinlen réalise des illustrations pour le journal Le Chat Noir et ce succès l’amène à devenir l’un des illustrateurs les plus en vue à Paris en cette fin de siècle.
Utilisant parfois le pseudonyme Jean Caillou, Steinlen soumet des dessins à d’autres éditions satiriques dont Le Mirliton et à partir de 1891 Gil Blas, pour lequel il crée plus de 400 dessins. Le succès de son travail pour Gil Blas établit la réputation de Steinlen hors de France. Parmi plus de 30 magazines auxquels il participe figurent Le Croquis, La Revue Illustrée et Le Canard Sauvage. Steinlen décrit les manières de la société parisienne dans ses dessins et ses illustrations, en insistant particulièrement sur la vie de la classe ouvrière.
Tout comme ses contemporains Toulouse-Lautrec et Alphonse Mucha, il réalise également des affiches de théâtres et de cabarets, une façon pour lui de diffuser son travail et de lui permettre d’atteindre une certaine popularité. Ami et collaborateur du compositeur Aristide Bruant, Steinlen crée des illustrations pour des pochettes de partitions et illustre plusieurs livres, notamment Le Vagabond de Guy de Maupassant et L’Affaire Crainquebille d’Anatole France.
Le succès de nombreuses expositions de peintures et de dessins en 1894 lui permettent d’obtenir une pièce totalement dédiée à son travail lors du Salon d’Automne en 1909. En tant que dessinateur, Steinlen utilise une grande variété de supports, comme les craies colorées, l’encre, le crayon, l’aquarelle et le fusain. Son affection pour les animaux, en particulier les chats, est remarquée dès l’école quand il dessine des croquis de chats dans les marges de ses cahiers. Steinlen semble apprécier les chats pour leurs charmes, leurs mouvements, leurs caractères ainsi que pour leurs propriétés symboliques. Sa maison située rue Caulaincourt à Paris est, selon des témoignages de l’époque, un lieu de rencontre pour tous les chats du quartier. Durant ses premières années en tant qu’artiste, il vend des dessins de chats en échange de nourriture, puis dans les dessins qu’il réalise plus tard, un chat apparaît, qu’il s’agisse d’illustrations de magazines, de lithographies ou d’affiches. Plusieurs de ses études de chats sont regroupées dans une édition non datée et intitulée Des Chats: Images Sans Paroles, alors que d’autres dessins non connus sont publiés après la mort de l’artiste dans Chats Et Autres Bêtes Dessins Inédits de Georges Lecomte, apparus à Paris en 1933. Ce grand dessin, similaire à une freques, est l’un des deux dessins de chats destinés à illustrer les marges d’un supplément spécial quatre pages du magazine hebdomadaire L’Illustration accompagnant un article sur les chats de Jacques Dalbray et publié en mars 1901.